Tous les derniers tango à Paris

Il arrive. Il entre dans la cours intérieure. Les pavés sont difficiles à marcher dessus avec des chaussures de danse. Parfois, ils glissent, quand il a plut. Il monte les escaliers. Au deuxième étage, il entre dans la salle. Un salut de près pour les professeurs. Un salut de loin pour les élèves. Il pose son sac, retire sa veste. Dans son esprit, les mesures ont déjà commencé à battre, les mouvements à se lancer.

Il retrousse ses manches et commence à marcher en rond, autour de la salle. Et un et deux. Il contrôle son poids mais ne le maîtrise pas encore. D’autres élèves arrivent. Il les regardent. Il ne les regardent plus. Il tourne, toujours et toujours. Le cours commence. Les premières instructions. Il écoute, attentif. En fait, il n’est que seul avec les professeurs.

Il choisit une partenaire et fait quelques pas. Il reproduit l’exemple. La danse n’a pas de goût. Elle danse bien mais la danse n’a pas de goût. D’autres élèves arrivent, intègrent la piste. La danse n’a pas de goût. Une élève arrive.

Il est troublé. Des épaules nues, des talons à la hauteur, un regard plein de timidité, de charme, brillant, palpitant, calme, apaisé. Elle est là, enfin. La Danse… Il cherche son regard, le croise, s’en échappe. Il voudrait danser avec elle. Il ne voudrait pas danser avec elle.

La mesure continue à battre, les mouvements continuent leur lancée. Et enfin, la danse se termine. Il n’a pas dansé avec elle. Mais elle était là. Et la danse avait repris des couleurs.