Vol 626 Yemenia
Hier, un avion de Yemenia s’est écrasé aux portes paradisiaques et miséreuses de Grande Comore provoquant la mort par noyade, étouffement par fruits de mer, combustion instantanée et lente à la fois, salée, affreuse, de 50000 personnes. Euh, non… Seulement 152 victimes apparemment.
Quoi qu’il en soit, mon sang n’a fait qu’un tour quand j’ai appris la nouvelle. Mon ancien patron, en qualité d’escrocs sans scrupule, paranoïaque au point de m’emmener dans les toilettes pour me parler de la stratégie de son entreprise, plongé dans les abîmes d’un délire mystico-philosophique d’une incohérence presque utopique et à deux balles, souhaitait s’enfuir, aux dernières nouvelles, vers la patrie de son épouse, pouf de renom chez tous le personnel de l’entreprise qu’il dirigeait. Souhaitait s’enfuir, donc, aux Comores, pour éviter bien sûr de devoir l’indu du aux victimes de ses turpitudes.
Ont t-ils péris dans ce feu d’artifice macabre, tropical, humide, lui, et les quelques milliers d’euros qu’il me doit ? Mon sang n’a fait plusieurs fois qu’un tour depuis hier à chaque fois que squattait dans mon esprit la nouvelle de cet horrible accident. 152 disparus, une survivante. Et une victime de plus, moi.
Il avait raison d’être paranoïaque. Sa propre paranoïa avait poussé son entourage à le surveiller davantage, car, devenant méfiant, il pouvait mettre au point des plans aussi ingénieux dans leur mécanisme que ridicules dans leur raison profonde et par conséquent nuire inutilement à sa cours hypocrite, oui, il aimait beaucoup sa cours dont il croyait à l’indubitable fidélité.
J’attends maintenant des nouvelles plus précises de ce réseau qui l’observe, qui répands ses moindres mouvements à tous les avides de ces potins.
Je me rends compte que ce personnage mérite autant que sa pouf épouse que je revienne dessus un jour. Les anecdotes sont nombreuses, hilarantes, désespérantes parfois.
Ma vénalité me déçoit et en même je ne peux m’empêcher de hurler diaboliquement de rire noir au fond de moi. Oui, le capitalisme est immoralement ammoral. Il faut changer le système.
