Début février, fin d’hiver
Un mois plus tard. Envie d’écrire. L’envie vient-elle les débuts de mois ? Ou par des matins eneigés ? Je l’ignore. Curieuse démangeaison. La ville a vite délaissé son habit blanc. Les gouttes ont remplacé les flocons. Le froid a remplacé le froid.
Au bureau, c’est la routine. La cours est grise, les collègues semblent travailler. Semblent. C’est monotone, il n’y a pas de créativité. Il n’y en aura pas. Que fais-je là, à répéter des tâches qui ne servent à rien ? J’attends ma paye. Début de mois. Matin enneigé. Ma paye n’a pas encore d’importance.
L’appareil photo hiberne. Mon prétexte ? Je n’ai pas de place dans mon sac. Mon oeil. La batterie est rechargée. J’essaierai de shooter cette semaine. J’essaierai de faire beaucoup de choses cette semaine. Car tout hiberne chez moi, autour de moi. Le dessin, la photo, le cinéma, la lecture, la ville, les rues, les amis, la famille, la Vie, le For Intérieur.
Le For Intérieur, non. Il s’est réveillé il y a quelques jours. Une nouvelle énergie puisée dans le souvenir du regard bienveillant d’un vieux sage disparu. Une chaleur qui se répand dans mon être, ranime ma force créatrice. Le printemps approche. Profiter de l’hiver qui reste. Vite, l’hiver fond, ne tient plus. L’hiver blanc devient boue sale.
Mais les noeuds se dénouent. Le Printemps approche. La Vie, que blanche, reprend des couleurs, du rythme. Les noeuds fondent, ne pouvant plus tenir. Encore un peu de boue avant la Lumière. Le sucre reprend du sucré. Le sel reprend du salé. La Vie reprend sa vivacité. Le cinéma, muet jusqu’alors, me reparle. Les livres frémissent de désir sur ma bibliothèque.
Pourvu que ça dure.

