Constrate
Ce matin, en sortant de chez moi, je me suis souvenu de mon enfance. Les premiers jours de l’école. C’était la lumière je pense. Une lumière grise. Une lumière sans lumière. Les façades, sans ombre, se sont aplaties. Les voitures ont un bruit sourd. Elles sont à peine visible. Pourtant, il n’y a pas de brouillard. Les choses sont froides. Comme les premiers jours d’école où les classes, au réveil des vacances, sont vides, froides. Où les tables pour deux élèves sont neuves (ou presque), du moins, elles sont propres, et froides. Les chaises sont froides. La lumière est terne. Les élèves aussi sont tristes, sont froids.
L’air est épais. Les phares n’arrivent pas à la transpercer. Tout est bouché. La nostalgie est à fleur de toute peau. Il n’y a pas de rythme. Et pourtant, tout cela est beau.
Tout est bouché. On ferme les yeux. On respire fort, lentement. On s’en va au fond de soi, où tout est ouvert, libre, infini.

