1-1-09 le Commencement
La présence d’Ileana me troublait d’autant plus que je ne l’entendais ou ne la sentais plus. Et cette présence était euphorique et me portait dans toute sorte de directions sauf vers mon art. Du reste je crois qu’aucune création artistique n’est possible dans un état de plénitude et d’euphorie, c’est-à-dire si l’être tout entier n’éprouve pas une absence qui le mine, car c’est cette absence qui cherche à s’accomplir dans l’acte créateur.
C’est pourquoi je n’ai jamais pu écrire au milieu de la nature, en écoutant de la musique, en vivant une révélation telle que l’amour, ou encore sous l’emprise d’une idée grandiose, d’une nouvelle conception du monde…
Noces au paradis, Mircea Eliade, p.86

Environ cinq ans plus tard, je me retrouve devant cette page blanche. Une envie irrésistible d’écrire depuis plusieurs semaines. Echéance toujours repoussée, jusqu’à hier. Je devais accoucher sur une date ronde, un 1er janvier.
Je me souviens de mon dernier post. C’était en Syrie. Ecrit lors d’une escapade dans le désert. Il faisait chaud, beau. Il y avait des couleurs de désert. D’innombrables nuances de jaune se mélangeaient devant mes yeux. Mon ancien blog était déliquescent. Les articles s’espaçaient de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois. Ce voyage en Orient était une libération, une évasion hors de moi-même, de mes limites franciliennes, parisiennes. Une évasion de mon besoin d’écrire.
La vie s’emballe depuis quelques mois. Beaucoup de voyages, parfois chaotiques. Beaucoup de conflits familiaux. Plusieurs catastrophes sont apparues simultanément dans mon train-train. Des couleurs différentes de celles du désert ou de l’Inde. Plus automnales, forcément. Un sentiment de renfermement, d’une solitude de plus en plus nette. Les loisirs s’éloignent, le repos se fait rare. Et ce besoin d’écrire qui revient. Un besoin maîtrisé cette fois-ci. Plus d’élans lyriques, plus de rebellions contre l’univers, plus de plaintes sur les moindre détails.
Cette fois, j’escompte une analyse (non scientifique, je vous rassure) et une description beaucoup plus sobre de l’expérience quotidienne.
J’espère poster des articles plus photographiques les prochaines fois et moins longs que celui-ci.
Sur ce, à bientôt et bonne année comme il est de coutume.

